Thématique Prévoyance

Refus de prévoyance 2020 et après ?

Le peuple s’est prononcé le 24 septembre 2017, Prévoyance 2020 restera à l’état de projet. Pourtant la nécessité d’une réforme de la prévoyance en Suisse n’est contestée par personne… ou presque !
 
 

Zoom sur les raisons de réformer urgemment la prévoyance vieillesse

Financement de l’AVS

Le résultat de répartition (hors revenu de la fortune) est négatif depuis 2014 avec un déficit de CHF 767 millions en 2016.

Réduction du taux de conversion LPP

Nécessité de diminuer le taux de 6.8% qui oblige actuellement de générer un rendement à long terme de 5% pour un homme et de 4.7% pour une femme. Objectif ambitieux eu égard au rendement à l’échéance actuel négatif des obligations de la Confédérations à 10 ans.

Flexibilisation de l’âge de retraite dans l’AVS

Permettre à l'assuré de décider de la date à laquelle il souhaite prendre sa retraite.                         

Retour sur les raisons de ce refus

Un projet de réforme trop large

Ce projet permet à tout un chacun de trouver un argument pour le NON sans comprendre les compensations prévues.

Un sentiment de discrimination face à une classe d’âge perçue comme favorisée

La classe d’âge (45- 65 ans) pouvait se trouver favorisée au détriment des autres classes (mesures transitoires permettant de maintenir le niveau de la rente LPP pour les personnes nées avant 1974 et CHF 70 de rente AVS supplémentaire).

Une augmentation de l’âge de la retraite inadéquate

  • Un marché du travail où les seniors peinent à conserver ou retrouver un emploi.
  • Une hausse de l’âge de la retraite uniquement pour les femmes qui font déjà l’objet d’une discrimination au niveau de leur rémunération.

Une triple votation trop ambitieuse

L’exigence d’un triple « oui » pour la hausse de TVA (peuple et cantons) et Prévoyance 2020 est difficilement atteignable.

Quels ajustements prévoir pour la prochaine proposition de réforme ?

Faciliter la lecture du projet

  • La proposition de modification de l’AVS et du deuxième pilier devrait faire l’objet de deux paquets distincts.
  • La hausse de la TVA pour financer l’AVS ne semble pas remise en cause par le peuple et constitue un moyen de financement à conserver, mais elle devrait faire l’objet d’une votation séparée.

Maintenir le niveau des rentes

Réduction du taux de conversion de 6.8%, en inadéquation avec la longévité humaine et les rendements attendus sur les marchés, doit être compensée par une augmentation des cotisations paritaires.
 
De plus, les mesures transitoires pour les personnes proches de la retraite doivent toucher une tranche restreinte de la population et présenter un caractère dégressif (ex. : taux de conversion maintenu jusqu’en 2020 et qui décroît par la suite) afin que l’effort soit partagé sans mettre en difficulté des personnes proches de l’âge de la retraite.

Diminuer le seuil d’entrée au deuxième pilier

Un seuil d’entrée plus faible ou permettant de prendre en considération les personnes à temps partiel ou cumulant plusieurs emplois afin qu’elles puissent cotiser sur la base d’un salaire assuré plus élevé qu’actuellement et compenser la baisse du taux de conversion. Toutefois, cette mesure entraînerait également un effort financier paritaire.

Flexibiliser l’âge de la retraite

La flexibilité des possibilités de prise de retraite dans l’AVS devrait être accrue plutôt qu’opter pour une hausse généralisée de l’âge de retraite. Cette flexibilisation permettrait aux personnes qui le peuvent de continuer à travailler plus longtemps et aux personnes désirant arrêter plus tôt de pouvoir le faire totalement ou partiellement.
 
 
Après 3 échecs consécutifs, le résultat de la votation nous indique des pistes à suivre afin que le futur projet ait une chance d’être accepté par le peuple. Il devient urgent d’agir sous peine de mettre en péril notre système de retraite et de ne laisser aux futures générations qu’une option possible : la baisse des prestations.