Actualité Investissement

La volatilité des marchés financiers et ses impacts sur les institutions de prévoyance

 
 

Les institutions de prévoyance sont exposées au risque financier. Dans le système de capitalisation qui caractérise le 2e pilier, une grosse partie des cotisations versées par les assurés et leur employeur doit en effet être placée sur les marchés financiers, sous forme d’actions, d’obligations, d’immeubles, et d’autres placements, cela afin d’assurer la retraite future de l’assuré. Or, les rendements que les fondations tirent de ces placements peuvent être inférieurs à ce qu’elles attendent ou promettent à leurs assurés.

Les caprices de la bourse pourraient être ignorés si les institutions ne devaient garantir que la retraite : l’investissement s’apprécierait alors sur la durée qui le sépare de la date de la retraite et non sur les variations annuelles. Ce qui complique la chose, c’est que les institutions de prévoyance doivent garantir en tout temps l’intégralité de leurs prestations de sortie. Il s’agit d’une part de payer les prestations de sortie à ceux qui quittent l’institution et, d’autre part, d’être en mesure de verser l’intégralité des prestations en cas de liquidation, de fusion ou tout autre modification fondamentale de l’activité. Par ailleurs, le législateur a imposé les normes comptables RPC 26 aux institutions de prévoyance, ce qui oblige ces institutions à comptabiliser à leur bilan des valeurs de marché.

Réserve de sécurité obligatoire

Cette façon de comptabiliser impose aux institutions de prévoyance la constitution d’une réserve de sécurité au cas où les marchés financiers s’effondrent et ne couvrent plus les engagements. Cette réserve de sécurité est appelée « réserve de fluctuation de valeurs ». Sa cible, ou montant maximal, est fixée par chaque institution de prévoyance en fonction du risque financier qu’elle prend. Ainsi, une politique de placement très risquée est synonyme d’une cible de réserve élevée et vice versa.
 
La réserve de fluctuation de valeurs sert de soupape pour le bilan : on l’alimente jusqu’à sa cible en cas de résultat financier positif et on y puise lorsqu’il est négatif.

Quid du degré de couverture

Le degré de couverture est influencé par la réserve de fluctuation de valeurs. Si nous supposons que la cible de la réserve de fluctuation de valeurs se traduit par un degré de couverture de 113% (ce qui signifie que 13% de la fortune couvre le risque financier pour une sécurité optimale), on peut apprécier les niveaux de degré de couverture comme suit :
 
  • Degré de couverture < 100 % : réserve de fluctuation de valeurs nulle, engagement non couverts, mesures d’assainissement éventuelles en fonction du degré du découvert.
  • Degré de couverture entre 100% et 113% : réserve de fluctuation de valeurs en phase de constitution, risque financier partiellement couvert.
  • Degré de couverture > 113% : réserve de fluctuation de valeurs cible atteinte, surplus possible à distribuer aux assurés.

Les quatre impacts de la volatilité des marchés

L’impact le plus visible de la volatilité des marchés financiers est le jeu de yoyo que subit le degré de couverture d’une année à l’autre. Il monte et descend en fonction de la performance des placements, soit supérieure, soit inférieure aux besoins de rendement. Pour rappel, le besoin de rendement n’est pas nul car les engagements des rentiers dépendent d’un taux technique généralement supérieur à 0% (2.25% pour Opsion), et les capitaux épargne des assurés actifs sont rémunérés au minimum au taux LPP (1% en 2018 pour Opsion). Les institutions de prévoyance souhaitent que ce degré de couverture fluctue dans une fourchette au-dessus de 100%, mais il arrive qu’il descende en dessous. Parfois l’impact peut être minimisé car il est temporaire. Ainsi la baisse des marchés en fin d’année 2018, qui a impacté négativement les degrés de couverture, est quasiment rattrapée en février 2019.
 
Le deuxième impact est plus dommageable : la liquidation partielle ou totale d’une fondation à la suite d’une forte baisse des performances faisant passer le degré de couverture en dessous de 100%. Dans ce cas, l’institution de prévoyance peut être amenée à amputer les prestations de sortie proportionnellement au découvert.
 
Le troisième impact est plus pervers pour les assurés. Lorsque les marchés financiers sont à la baisse, il en ressort un pessimisme ambiant qui empêche les institutions de prévoyance de redistribuer aux assurés les surplus d’excédents. Certains Conseils de Fondation préfèrent faire des provisions supplémentaires pour éviter les effets d’un crash financier et ainsi sacrifier toute une génération d’assurés sur l’autel de la prudence.
 
Enfin, le dernier impact, plus subtil, peut être indirect : il s’agit de la rémunération de l’épargne des assurés. Une performance élevée ne veut pas dire nécessairement une rémunération élevée, car cette performance élevée peut signifier la compensation d’un degré de couverture inférieur à 100%. A l’inverse, une mauvaise performance n’est pas nécessairement signe d’une rémunération nulle ou faible, par exemple si le degré de couverture est élevé. Toutefois, la tendance à une rémunération plus élevée correspond généralement à une tendance à la performance élevée.

La politique d’Opsion

En matière de rémunération, Opsion défend la politique suivante qu’elle a appliquée et appliquera à l’avenir, sauf circonstances exceptionnelles :
  • Pas de rémunération différente entre l’épargne obligatoire (minimum LPP) et l’épargne surobligatoire
  • Garantie du taux de rémunération LPP et amélioration de cette distribution de manière régulière sans que la valeur cible de la réserve de fluctuation de valeurs soit atteinte
  • Distribution du surplus d’excédents aux assurés lorsque la cible de la réserve de fluctuation de valeurs est atteinte 
  • Attention particulière que les assurés actifs et rentiers ne soient ni avantagés, ni prétérités les uns par rapport aux autres sur le moyen terme
En d’autres termes, l’ambition d’Opsion est de minimiser la volatilité des marchés financiers et de faire en sorte que les assurés ne soient pas impactés brutalement par cette volatilité, c’est-à-dire que leur projet de retraite ne s’en trouve pas affecté. Sa jeunesse aide Opsion à atteindre cet objectif. La croissance continue de sa fortune, liée à l’arrivée de nouveaux affiliés et à un faible nombre de rentiers, permet en effet d’investir de manière régulière dans le temps et dans des actifs moins liquides, donc moins touchés par la volatilité des marchés.

L'auteur

Raymond Schmutz - Opsion
Raymond Schmutz
Président du Conseil de Fondation d'Opsion
Article publié en mars 2019

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